Cette nuit, j'ai rêvé de toi. J'ai rêvé que tu étais attablée dans la salle à manger, au bout de la table en bois. Tu m'as souri. Tu souris tout le temps dans mes rêves. Tu es apparue soudainement et calmement, comme une apparition divine dans un moment de chaos. Une respiration. Tu as transformé un rêve quelque peu chaotique en un moment suspendu, en une main chaude posée sur le cœur et ce, même si tu avais toujours les mains froides.
Et puis le rêve a changé comme on change de programme télé. Tu n'étais plus qu'une apparition, tu étais un personnage entier. Tout le monde dispersé entre la cuisine et le salon, lumière à la fois tamisée et beau soleil, à la fois matinée et heure du somme. Moi, fatigué. Toi, apaisée. À ta façon, tu m'as dit de respirer, que ça allait aller. À ta façon, tu m'as fait comprendre que mon cœur ne pouvait me tromper. J'ai fait une sieste dans la cuisine, je me suis réveillé avec la peur de te voir disparaître. Mais tu étais bien là, endormie sur un banc qui n'a jamais existé, de l'autre côté de la table de pierre. Je t'ai regardée un peu et puis, moi aussi, je me suis rendormi.
Je me suis réveillé dans le monde physique et puis j'ai décidé que, non, ce n'était pas fini. Alors j'ai replongé dans ce rêve, qui n'était pas vraiment le dernier avant mon réveil. J'ai sélectionné avec précision et détermination cet instant de mes songes pour revenir à tes côtés. Et quand j'y suis parvenu, je t'ai détaillée, je t'ai prise dans mes bras, je t'ai dit "je t'aime" et, comme à chaque fois que tu apparais, je t'ai secrètement dit "au revoir maman".
Hélyo James, 19 septembre 2025