L'Âme Solitaire
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MOTS DU CŒUR

Un cœur sincère est un cœur qui espère. Un cœur amer est un cœur désert. 

Un cœur qui bat est un cœur qui ne ment pas.

Et si, parfois, on se trompe, c'est que le cerveau a souhaité faire un détour. Les détours sont beaux, synonymes d'apprentissages.

Mais un cœur qui bat est un cœur qui ne ment pas.
 
Hélyo James, 19 septembre 2025

APPARITION

Cette nuit, j'ai rêvé de toi. J'ai rêvé que tu étais attablée dans la salle à manger, au bout de la table en bois. Tu m'as souri. Tu souris tout le temps dans mes rêves. Tu es apparue soudainement et calmement, comme une apparition divine dans un moment de chaos. Une respiration. Tu as transformé un rêve quelque peu chaotique en un moment suspendu, en une main chaude posée sur le cœur et ce, même si tu avais toujours les mains froides.
 
Et puis le rêve a changé comme on change de programme télé. Tu n'étais plus qu'une apparition, tu étais un personnage entier. Tout le monde dispersé entre la cuisine et le salon, lumière à la fois tamisée et beau soleil, à la fois matinée et heure du somme. Moi, fatigué. Toi, apaisée. À ta façon, tu m'as dit de respirer, que ça allait aller. À ta façon, tu m'as fait comprendre que mon cœur ne pouvait me tromper. J'ai fait une sieste dans la cuisine, je me suis réveillé avec la peur de te voir disparaître. Mais tu étais bien là, endormie sur un banc qui n'a jamais existé, de l'autre côté de la table de pierre. Je t'ai regardée un peu et puis, moi aussi, je me suis rendormi.
 
Je me suis réveillé dans le monde physique et puis j'ai décidé que, non, ce n'était pas fini. Alors j'ai replongé dans ce rêve, qui n'était pas vraiment le dernier avant mon réveil. J'ai sélectionné avec précision et détermination cet instant de mes songes pour revenir à tes côtés. Et quand j'y suis parvenu, je t'ai détaillée, je t'ai prise dans mes bras, je t'ai dit "je t'aime" et, comme à chaque fois que tu apparais, je t'ai secrètement dit "au revoir maman".
 
Hélyo James, 19 septembre 2025

STANDING KISSES

Le vent dans mes cheveux fait envoler la tension dans mes jambes. Ses baisers sur ma nuque mettent à nu mes pensées. Mes paupières se ferment sur ses caresses qui me font frissonner. Le bas ventre au centre de mon attention, cœur de ma respiration. Un mirage parmi tant d'autres. Un visage parmi tant d'hôtes. Petits rires étouffés par la brise... Ses yeux face à moi, nos souffles se répondent. Sur sa joue, ma main chancelante. Sur mes lèvres, quelques mots : "Est-ce que je peux t'embrasser ?"... Le vent m'a rafraîchi, la pensée suivante l'a remplacée et moi, moi j'ai tenu la pose.
 
Hélyo James, 19 septembre 2025

DUR RÉVEIL

5h54. Premier coup de sifflet. J'émerge de ma mer de rêves, de mes rêves de neige. Je suis en nage. Non pas d'avoir foulé la mer de vagues, mais d'avoir côtoyé celle qui brûle : la vague de chaleur. Elle n'est toujours pas à l'heure ; elle me prive de 15min de sommeil. 

Deuxième coup de sifflet. Mon nez est bouché. En cause : l'humidité. Je ne suis pas chez moi, ceci n'est pas mon lit. Je dors sur une planche de bois ou, du moins, c'est du tout au pareil. La nuit est longue. Mon nez respire à reculons, laissant une marque acide dans le fond de mon larynx. L'air que je respire est trop épicé et brûle mes muqueuses. Mes yeux me piquent. Mes cheveux sont témoins de mon plongeon nocturne : ils sont trempés. Ils ne sècheront pas. 

Troisième coup de sifflet... laissez moi dormir. Je n'ai pas envie de me réveiller et de constater que la tranquillité et le confort ne seront pas de la partie avant des semaines. Ces temps-ci, ces mois-ci, j'aspire de plus en plus au confort. C'est donc ça, vieillir un peu ? Outre les lignes capillaires qui cèdent la place au désert capillaire, comme une forêt tropicale en proie aux feux de sécheresse. Les oiseaux ne pourront plus apprécier le confort de mes branches, la chaleur de mes tempes trop pensantes. Ils se contenteront des veilles branches asséchées au sommet de l'arbre pourtant si jeune. Si jeune et pourtant si vieux.

Quatrième coup de sifflet. C'est décidé, je me coupe les cheveux. J'étouffe, j'ai trop chaud, mes feuillages s'emmêlent sans cesse aux brindilles d'herbe et le vent ne parvient plus à les bercer de sa fraîcheur. J'étouffe et ma maison me manque ; ma mer de neige qui fait tanguer Gustave sur ses vagues blanches me manque.
 
Hélyo James, 16 septembre 2025
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