L'Âme Solitaire
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UNE OMBRE

Sur les pavés de la rue dépravée
L'ombre a touché l'intime
Bravé les sillages
En sirotant les contours d'un être
 
Mordant, jouant avec le paraître
Au bord du naufrage
Sans aucune estime
Sur son âme, au couteau engravées
 
Les douleurs de la nuit
Les chaleurs qui le fuient
 
Un navire sans port
Un sourire et un sort
 
Quelle est cette ombre et quels sont ces corps ?
Quelle sont ces marques, bleues
Qui se fondent sur elle
Qui explosent de couleurs entachées
 
Par un touché qui l'aura harnachée
Hors de la ruelle
Bien loin du nébuleux
Sur fond de raccord, en vouloir encore
 
Hélyo James, 26 août 2026

RÊVE MUET

Je lutte pour garder les yeux ouverts mais mes paupières veulent rejoindre la terre. Elles se ferment et libèrent assez de mélatonine pour m'envoyer sur la lune. Fut un temps où j'aurais gaiement succombé, mais ce rêve récurrent ne refait plus surface. Je ne lui ai pas revu la face depuis cet étrange rebondissement dans ma tente, sous la pluie, à Strasbourg. [...] L'âme dans mes rêves a parlé, m'a surpris, m'a volé un baiser avant de s'en aller. Je ne l'ai plus revue. Elle l'avait prédit, en un sens, qu'elle ne reviendrait pas de sitôt. Reviendra-t-elle seulement comme elle semblait le sous-entendre ? Quel était le sens de cette rencontre, dans cette maison tout particulièrement ? Le saurai-je un jour seulement ?
 
Je lutte mais Morphée a raison de ma lutte. Rêveur que je suis, difficile de résister au déferlement de mon imaginaire endormi. J'espère toujours rêver de toi.
 
Hélyo James, 20 août 2026

T-REX À L'ALCOOL TRISTE

Je suis allé au bar mais je n'y suis pas rentré. J'ai décidé de laisser mon esprit enivré d'alcool vagabonder gaiement dans mes pensées... pendant deux heures. Je ne voulais pas danser, pas entendre la musique frapper mes tympans, seulement charmer et, peut-être, espérer voler un baiser. J'ai vu un homme à ma station retour, au départ d'une nouvelle heure de trajet en train. Il était saoul, mélancolique, habillé d'une robe à paillettes. Peut-être a-t-il été déçu de sa soirée, sa soirée qui se voulait de fierté. Puis j'ai vu un homme lui tendre la main, comme s'il chancelait. Puis il a chancelé, s'est éclaté sur le sol dans un boum qui se voulait lourd. Lourd d'une masse, une masse émotionnelle qui pesait tant que la gravité la désirait plus proche du noyau terrestre. Je me suis fait la remarque : Était-ce pour cela que la vie m'avait poussé à faire ce trajet ? Pour constater la misère d'un peuple persécuté célébrant sa fierté, tournant un jour d'été lambda en un jour de fête à paillettes, à sourires et à mains de T-rex, pour finir.. par terre à cause d'un alcool qui se voulait trop triste, seul malgré les mains qui tentaient de le rattraper, de le rassurer peut-être. En l'apercevant pour la première fois, je me suis demandé s'il serait encore vivant demain, tant sa tristesse et son ivresse semblaient le ronger.
 
Hélyo James, 26 juillet 2026

TIRS À PAILLETTES

Au fil des heures, la ville abandonne ses couleurs de fierté et ses airs hébétés par une gaieté incontrôlée. Une gaieté laissée hébétée par un acte meurtrier. Dur rappel pour la communauté : que la mort reste toujours à guetter, même au coin du quartier.
 
Hélyo James, 26 juillet 2026

DES FLEURS SUR TA TOMBE

On me demande d'acheter des fleurs pour mettre sur ta tombe... mais dans cette tombe ne reste que tes os rongés par le temps. Pourquoi offrir des fleurs à quelqu'un qui n'en verra pas la couleur? Au fond, je pense qu'on offre des fleurs pour se rassurer, pour panser les souvenirs d'un passé ébranlé par un deuil soudain, par une peur de l'oubli, une peur de ce qui reste à venir. Je ne t'offrirai pas ces fleurs en bouquet, je ne viendrai pas te parler sur ta tombe. Tous les jours je t'offre la plus belle des fleurs : une pensée. Dans mes rêves, tu forges encore mon devenir. Dans mon quotidien, tu habilles mon cou, illumines mon sourire et m'inspires une respiration, une pause. Tous les jours, tu me permets une remise en question, un sentiment de fierté. Tu me permets de sourire à la venue d'une brise, au détour d'une allée, aux envols animaliers, aux sifflements printaniers... car je sais que, d'une façon comme d'une autre, c'est dans ces élans de vie là que je saurai te trouver et que tu, maman, continues de veiller. Je ne sais si ton âme vagabonde encore sur cette Terre ; je sens encore ton souffle dans le vent, ton parfum dans les fleurs... Fleurs que je me contenterai d'observer, et laisserai la chance à celleux qui en ont plus besoin, d'orner la pierre ou le bois de couleurs pleines de vie en déclin.
 
Hélyo James, 1er juin 2026

PIÉTON-MOUTON

Quelque chose de satisfaisant à attendre trois plombs à un feu piéton en symbiose. De prendre ce temps, involontairement communément, même dans le rush. Prendre le risque du retard pour attendre la lumière verte, même pour une ruelle vide. Est-ce raisonnable d'apprécier être un mouton ?
 
Hélyo James, 7 mai 2026

HISTOIRE DE RÊVE

Est-il seulement possible d'aimer avant même l'amour 
De rêver d'un amour qui se veut si patient
Quand dans mes nuits je la retrouve jour après jour
Retentissante et si vraie que j'y replonge conscient
 
Jamais de baiser volé, de romance dévoilée 
Une puissante impression de vérité cachée 
Pourtant nos mains s'enlacent, ne se laissent plus aller
Nos murmures sont silencieux, nos regards harnachés
 
Une connexion qui transcende la physique
Une danse qui semble être promesse
Des nuits à chasser la musique
D'un amour qui ne se veut de jeunesse
 
Hélyo James, 24 mars 2026

ELLE

La flamme brille de mille feux. La femme vrille sur mille flots. Il y a celle que je vois et celle que je regarde. Celle sur ses gardes et celle à qui je dois. Il y a celle qui brûle et celle qui macule. Celle qui éclaire et celle éther. Laquelle est laquelle, laquelle est la belle, laquelle me rend frêle, laquelle est-elle ?
 
Hélyo James, 2 mars 2026

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