L'Âme Solitaire
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IRIS

Mon esprit s'éparpille avec les cendres de mes sentiments flambants. Je pourrais boire chacun de tes mots, dessiner chacun de tes sourires, explorer les infinies nuances de tes deux iris, parcourir tes traits de mes yeux un millions de fois, scruter tes expressions comme on scrute la neige à Noël ou les feuilles en automne... C'est comme si jamais je ne me lasse de te regarder, de t'écouter.
 
Hélyo James, 9 novembre 2025

APRÈS-MIDI LÉGER

Debout, au milieu de la cour et des quelques arbres alentours, l'air a pris possession de mon corps. Je me sens léger comme je ne le pensais jamais possible. Si léger que j'ai l'impression que je pourrais m'envoler si mes jambes ne s'étaient pas ancrées si profondément dans la terre. La chaleur irradie jusqu'à faire tendrement bouillonner chacune de mes cellules. J'ai l'impression de ne faire qu'un avec les éléments, avec l'air, le vent. J'ai l'impression de flotter sur une énergie qui deviendrait presque visible tant elle est sensible.
 
... C'est si doux, Ô que c'est doux... Pourtant je me sens vibrer plus fort que jamais, puissant dans la douceur et la simplicité. 
 
Je suis transporté, téléporté dans le ciel, je vole au dessus d'une forêt, je vole aux côtés des oiseaux, je chante intérieurement avec eux. Mon corps est chaud, je ne lui commande aucun souffle, aucun geste, aucune pensée. Je l'écoute et je me laisse guider. Je teste ses réactions, ses poussées naturelles. Suis-je prêt à quitter ma forme, ma position ? Il me guide, je fais le choix de le suivre. C'est une sensation incroyable, aucune tension, aucune douleur. Simplement de la chaleur, de l'air et des picotements éclectiques et électriques. Mes muscles n'usent pas davantage d'énergie que nécessaire, c'est tout naturellement qu'ils supportent mon être.
 
Hélyo James, 1er novembre 2025

SEVRAGE

Mes draps se font et se défont, je ne fonds pas dans le sommeil, ni dans mon lit, de plus en plus sans dessus-dessous. Je sens le vide aspirer mon air. Comme un trou noir dans la poitrine, emportant, aspirant mes poumons, ralentissant les battements de mon cœur, les assourdissant, émaillant même mes os, ma cage thoracique s'affaissant sous le manque, sur le vide grandissant, obnubilant. J'ai souvent dit que le manque et moi, on ne se connaissait pas, qu'on ne s'était jamais vraiment rencontrés. Le manque est une rencontre que je n'attendais pas, un acte manqué. Un acte manqué ?
 
Ma cage s'effondre sous le règne du manque. Je suis loin de chez moi, de ma maison. Elle me manque terriblement, ma maison. Pourquoi ? Pourquoi suis-je parti ? Un élan de liberté, un sentiment d'ailleurs. Au fond, la vraie question, ne serait-ce pas plutôt : pourquoi ce manque ? Est-il la manifestation d'une peur ou d'une profonde intuition ? Une peur de l'abandon, un sentiment d'appartenance ? Pour autant que la certitude existe, je suis certain d'avoir peur.
 
Suis-je parti sur une erreur de jugement, un écart d'interprétation ?
 
Sevrage d'un territoire qui ne peut être mien. Sevrage d'une location qui ne peut être mienne. Peut-être ai-je peur de perdre cette dépendance ? Peut-être ai-je peur de mon indépendance ?
Sevrage de sentiments si forts qu'ils éclaboussent.
Sevrage d'humanité si belle qu'elle ensorcelle.
Un amour si sincère que la vie sans lui devient amère. Voilà ce qu'est le Québec à mes yeux. Mon premier amour, mon plus grand à ce jour... ma maison de toujours ?
 
Je suis en deuil de cet amour, et j'ai le cœur en morceaux, la peur au ventre.
 
Hélyo James, 2 octobre 2025

MOTS DU CŒUR

Un cœur sincère est un cœur qui espère. Un cœur amer est un cœur désert. 

Un cœur qui bat est un cœur qui ne ment pas.

Et si, parfois, on se trompe, c'est que le cerveau a souhaité faire un détour. Les détours sont beaux, synonymes d'apprentissages.

Mais un cœur qui bat est un cœur qui ne ment pas.
 
Hélyo James, 19 septembre 2025

STANDING KISSES

Le vent dans mes cheveux fait envoler la tension dans mes jambes. Ses baisers sur ma nuque mettent à nu mes pensées. Mes paupières se ferment sur ses caresses qui me font frissonner. Le bas ventre au centre de mon attention, cœur de ma respiration. Un mirage parmi tant d'autres. Un visage parmi tant d'hôtes. Petits rires étouffés par la brise... Ses yeux face à moi, nos souffles se répondent. Sur sa joue, ma main chancelante. Sur mes lèvres, quelques mots : "Est-ce que je peux t'embrasser ?"... Le vent m'a rafraîchi, la pensée suivante l'a remplacée et moi, moi j'ai tenu la pose.
 
Hélyo James, 19 septembre 2025

APPARITION

Cette nuit, j'ai rêvé de toi. J'ai rêvé que tu étais attablée dans la salle à manger, au bout de la table en bois. Tu m'as souri. Tu souris tout le temps dans mes rêves. Tu es apparue soudainement et calmement, comme une apparition divine dans un moment de chaos. Une respiration. Tu as transformé un rêve quelque peu chaotique en un moment suspendu, en une main chaude posée sur le cœur et ce, même si tu avais toujours les mains froides.
 
Et puis le rêve a changé comme on change de programme télé. Tu n'étais plus qu'une apparition, tu étais un personnage entier. Tout le monde dispersé entre la cuisine et le salon, lumière à la fois tamisée et beau soleil, à la fois matinée et heure du somme. Moi, fatigué. Toi, apaisée. À ta façon, tu m'as dit de respirer, que ça allait aller. À ta façon, tu m'as fait comprendre que mon cœur ne pouvait me tromper. J'ai fait une sieste dans la cuisine, je me suis réveillé avec la peur de te voir disparaître. Mais tu étais bien là, endormie sur un banc qui n'a jamais existé, de l'autre côté de la table de pierre. Je t'ai regardée un peu et puis, moi aussi, je me suis rendormi.
 
Je me suis réveillé dans le monde physique et puis j'ai décidé que, non, ce n'était pas fini. Alors j'ai replongé dans ce rêve, qui n'était pas vraiment le dernier avant mon réveil. J'ai sélectionné avec précision et détermination cet instant de mes songes pour revenir à tes côtés. Et quand j'y suis parvenu, je t'ai détaillée, je t'ai prise dans mes bras, je t'ai dit "je t'aime" et, comme à chaque fois que tu apparais, je t'ai secrètement dit "au revoir maman".
 
Hélyo James, 19 septembre 2025

DUR RÉVEIL

5h54. Premier coup de sifflet. J'émerge de ma mer de rêves, de mes rêves de neige. Je suis en nage. Non pas d'avoir foulé la mer de vagues, mais d'avoir côtoyé celle qui brûle : la vague de chaleur. Elle n'est toujours pas à l'heure ; elle me prive de 15min de sommeil. 

Deuxième coup de sifflet. Mon nez est bouché. En cause : l'humidité. Je ne suis pas chez moi, ceci n'est pas mon lit. Je dors sur une planche de bois ou, du moins, c'est du tout au pareil. La nuit est longue. Mon nez respire à reculons, laissant une marque acide dans le fond de mon larynx. L'air que je respire est trop épicé et brûle mes muqueuses. Mes yeux me piquent. Mes cheveux sont témoins de mon plongeon nocturne : ils sont trempés. Ils ne sècheront pas. 

Troisième coup de sifflet... laissez moi dormir. Je n'ai pas envie de me réveiller et de constater que la tranquillité et le confort ne seront pas de la partie avant des semaines. Ces temps-ci, ces mois-ci, j'aspire de plus en plus au confort. C'est donc ça, vieillir un peu ? Outre les lignes capillaires qui cèdent la place au désert capillaire, comme une forêt tropicale en proie aux feux de sécheresse. Les oiseaux ne pourront plus apprécier le confort de mes branches, la chaleur de mes tempes trop pensantes. Ils se contenteront des veilles branches asséchées au sommet de l'arbre pourtant si jeune. Si jeune et pourtant si vieux.

Quatrième coup de sifflet. C'est décidé, je me coupe les cheveux. J'étouffe, j'ai trop chaud, mes feuillages s'emmêlent sans cesse aux brindilles d'herbe et le vent ne parvient plus à les bercer de sa fraîcheur. J'étouffe et ma maison me manque ; ma mer de neige qui fait tanguer Gustave sur ses vagues blanches me manque.
 
Hélyo James, 16 septembre 2025

DANSE NOCTURNE

Il y a des mains qui s'enlacent et des lèvres qui s'embrassent. Des bouches qui se targuent tandis que les pensées divaguent. Il y a des gens qui condamnent et des yeux qui se fanent. Des écailles qui s'émaillent et des cœurs qui s'épargnent. Quant à moi, je rêvasse sans godasses jusqu'à ce que le jour s'efface.
 
Hélyo James, 24 juillet 2025

RAFALES DE L'OMBRE

Dans l'ombre de la nuit : les soupirs insomniaques et les pensées en rafale. Un tintamarre résonne sans parvenir à rompre la candeur de minuit. Au ralenti, les ombres se meuvent autour du lit. Quant à moi, je dévale. Mes rêves ont le goût d'ammoniaque. Prisonnier du temps qui passe, des heures qui n'avancent pas, je regarde les créatures qui, toutes de noires vêtues et s'abandonnant à une drôle de danse, semblent hurler tout bas. La voix du silence ; la plus audible des voix. La plus visible aussi, en témoignent ces ombres valsantes. Elles crépitent comme les flammes lorsqu'elles engloutissent les feuilles, le matérialisme et une part de nostalgie. Ça fourmille, ça grouille de partout. Petits insectes blancs se promenant dans les braises dorées. Petits chemins tracés du bout des pattes. Frémissements nocturnes dans la vulnérabilité volatile. Du bout des ongles, de ses doigts sur ma chair, les frissons dans mon dos.
 
Hélyo James, 3 juillet 2025

POURQUOI LA TRANSE

Les mots s'envolent et je reste muet. Je suis là puis je n'y suis déjà plus. On me demande de choisir or je ne veux que vivre. Je veux partir pour m'envoler auprès des mots. Je veux voler si haut que même le ciel ne serait plus un ciel.
 
Je veux sentir chaque petite particule dans l'air, chaque molécule dans la terre, chacun des atomes qui font de la mer une mer. Je veux errer telle une âme en métempsychose. Relier ciel et terre et vibrer à la fréquence lunaire et puis à celle de l'univers aussi. Alors je danse ; ou du moins j'essaie. J'apprends à délier mon corps pour relier le vivant et le mort. Je danse pour sentir la fréquence de la matière, m'y connecter, côtoyer le métaphysique et le philosophique. Je suis électron libre, je vagabonde, je vibre et puis je... je vais vivre un peu plus loin, m'abandonner ailleurs, me questionner, encore.
 
Je danse pour entrer dans une sorte de transe.
 
Hélyo James, 28 mars 2025

ANCRAGE

Alors que les pensées affluent, que mon cœur est à l'affût, la sagesse des arbres m'affuse. Leurs racines incombent de vibrations la terre qui sonne le vent de m'indiquer l'aval. Perchée sur une branche de pin, la dryade joue de sa flûte pour permettre à mon intuition de dicter mes pas. Mes yeux étaient aveuglés par la poussière de fées, par la merveilleuse vision de la terre gelée. Mes oreilles étaient assourdies par le murmure du fleuve, par les doux mots charmeurs, les charmantes promesses. Mon nez était prisonnier des effluves d'érablières à en sucrer mes rêves d'ancrage. Mon corps est ma plus grande liberté, mon plus bel ancrage. Merci les arbres, merci dryade, merci Leons Bridges et merci humainEs. Je lève l'ancre de cette terre de cœur, de cette maison mère. Je prends mon envol vers des contrées nouvelles, un avenir incertain.
 
Hélyo James, 1er mars 2025

FAUCON EN EFFROI

Perché au sommet : le faucon. Du haut de son perchoir, il hésite à plonger. Il a peur du vide, peur de voler à ras, peur de se manquer. Lui, pourtant si précis, a peur de se manquer. De passer à côté de l'arbre aux mille branches et de s'enfarger dans un feuillage trop profond, trop étroit, trop dense. Il a peur des couleurs qui se ternissent à l'automne, redoute leur absence à l'hiver, évite leur fragilité printanière et leur flamboyance estivale l'intimide. 
 
Il est indécis dans ses certitudes intuitives. Il a peur de se manquer, peur de plonger, peur de ne pas plonger. Il a peur d'effrayer l'écureuil qu'il essaie seulement d'approcher, le chat qu'il souhaite simplement saluer. Il a repéré la belle petite roche en contrebas, scintillante dans le sable ruisselant de couleurs mirobolantes. 
 
Il hésite encore à plonger, il a peur de se manquer. Peur de manquer son beau perchoir, de ne plus jamais retrouver la sérénité qu'il lui apporte, de devoir masquer son étrange plumage à ses comparses, de ne plus parvenir à déployer ses ailes. Le faucon le sait : la peur paralyse.
 
Le faucon a peur car le faucon désire. Il désire sa liberté, ne veut plus avoir à vivre autrement, à vivre reclus. Il désire se connecter, pouvoir partager, resplendir de mille et une couleurs. Le faucon attend d'imiter les flocons.
 
Hélyo James, 23 février 2025

SIFFLEMENT LUMINESCENT

J'entends le chant des lucioles, la mélodie du vent qui sifflote et virevolte autour de moi. Le son pétille dans mes tympans, les pétillements prennent possession de mes pensées. Mes mains tremblent et je regarde impuissant l'impulsion grandissante au bout de mes doigts. Ils cherchent dans l'invisible le sensible et l'indicible, un semblant de toucher pour provoquer l'équilibre. Je suis transporté par la luminescence, transcendé par l'incandescence, indécent par mon absence. Mes jambes tressautent, mon corps trémule, je trébuche sur les dogmes que laissent traîner des gnomes. Je rêve d'abandons, de plongeons dans le vide et d'un soupçon d'attraction. La terre m'appelle et je ne sais que répondre.
 
Hélyo James, 19 février 2025

SOURIRES ET SOUVENIRS

Parfois, dans l'horizon, quelque chose me sourit. Le souvenir de ton bonheur, de ton sourire, me salue. Parfois, je me demande ce que tu penses, où tu es à présent. Je me demande si tu me vois aller, si tu vis un peu à travers moi, si tu voyages encore avec nous.

C'est drôle mais plus le temps passe, moins tu t'effaces. C'est comme si, constamment, ton écho résonnait autour de moi. Souvent, je souris quand je pense à toi. Je t'imagine me sourire en retour, ton regard attendrissant qui murmure "Je suis en paix" et puis... je suis en paix.
 
Hélyo James, 3 février 2025

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